Catégorie: Je flippe

Identité remarquable : vous avez dit auteure au foyer

Je traverse une petite crise identitaire en ce moment…
Je tombe souvent sur Madame Bobotte en faisant mes courses. Passées les questions existentielles sur le temps qu’il fait (quel froid aujourd’hui, oh ce vent, marre de cette pluie, il fait trop lourd, ça va craquer !), elle me demande ce que je fais…

– Et bien, heu… j’ai une boîte.
– Si ça marche ?
– Ben là, je fais un break. Non, pas pour élever mes enfants. J’ai écrit un roman.
– Chez qui je suis éditée ?
– Ben, c’est que je ne suis pas encore éditée…
– Quand est-ce que je reprends un vrai travail ?
– Mais, c’est beaucoup de travail !
– Si je suis femme au foyer ?
– Mais noooonnnnnn !
– Comme ça, au moins, vous avez le temps de bien vous occuper de votre mari et de vos enfants. D’ailleurs, il lui faudrait un p’tit frère à votre Loupichat.
– Grrrrrrrrrrrr, elle ne m’a jamais vue aux fourneaux celle-là.

Ah, ces petites cases ! Rien ne va plus quand on ne rentre plus dedans…
Avant, c’était simple, j’étais une de ces « desperate business wife » qui n’arrive pas à jongler pour caser sa fille, qui travaille le dimanche et annule ses vacances parce qu’un petit client a décidé qu’une fois tous les deux ans, c’est amplement suffisant.
Madame Bobotte disait de moi (derrière mon dos) : Pfffffff, c’est bien la peine de faire des gosses si c’est pour dépenser ses sous à payer des nounous !

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je travaille dur sept heures par jour pour donner vie à mes petits personnages. Je regarde grandir Loupichat, prends le temps de faire ce que j’aime avec ceux que j’aime. Bon d’accord, je fais aussi la lessive, les courses, le ménage et la popotte…
Madame Bobotte dit de moi (toujours derrière mon dos) : c’est bien beau tout ça, mais ça ne nourrit pas son homme ! C’est bien la peine de faire des gosses si on ne gagne pas de sous pour pouvoir leur offrir tout ce qu’ils veulent !

Alors, je me suis dit qu’il fallait absolument que je me trouve une nouvelle case pour lui rabattre le caquet. Auteur au foyer ? Oui, ce statut provisoire me plaît assez. Avant de devenir auteur édité, bien sûr !
Mais Madame Bobotte, qu’est-ce qu’elle va en penser ?

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Léa Jane, le retour !!!

fiche-moi-la-paix-cupidonBonjour, bonjour !

Et bien, me revoilà… Fidèle au poste !
J’espère que vous allez bien et que je ne vous ai pas trop manqué !
Alors YESSSSSSSSSSSSS, j’ai mis un point final à mon roman. Enfin, jusqu’à ce que je trouve un éditeur et que commence la ronde des corrections !

Comment je me sens ?
Ben, d’abord super fière d’être arrivée au bout. Pas genre je suis la meilleure et tout et tout… Non, juste heureuse de voir que toutes ces petites idées enfouies dans ma caboche ont pris forme et sont devenues une vraie histoire avec un vrai début et une vraie fin !

Ensuite, un peu excitée de savoir que la phase 2 peut démarrer. Gentil éditeur, tiens-toi bien, je vais t’at-tra-per !
Et enfin, comme j’avais peur de me sentir trop triste ou trop vide sans mes petits personnages (attention au baby blues m’a-t-on dit), j’ai entamé le tome 2 dans la foulée…
Ainsi qu’un petit conte de Noël pour enfants et plus grands. Oui je sais, je suis foutue, je suis tombée dedans, je n’en sortirai plus jamais ! C’est pas grave ! J’aime ça !
Sinon, ça va …
Ah si, j’ai un peu la trouille aussi ! Ben oui, et s’il ne se passait rien ?

Alors sinon, on fait quoi maintenant ?
Et bien, on cible les gentils éditeurs qui publient ce types d’histoires.
On dépense un budget colossal en photocopies, reliures et frais postaux (y pourraient faire des remises aux pauvres auteurs !).
On envoie le manuscrit aux gentils éditeurs !
Et… on ATTEND !
Houlà, c’est pas trop mon genre ça ! On va trouver d’autres idées…

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Guillemets typographiques de fermeture, SOS, mon blog se sent mal !

aide-creationDepuis ce matin, mon blog se sent mal !
A chaque fois qu’une phrase comporte des guillemets, il inscrit « guillemets typographiques de fermeture  » !

Alors, non, ça ne fait pas partie du style !
Alors, oui, je me démène pour résoudre ce bug mais en digne représentante des quiches dorées mais blondes, ça peut prendre un peu de temps.

Y a quelqqqqqu’un pour m’aider ?

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Bon, c’est pas le tout mais ça avance ton roman Léa Jane ?

roman_lea_jane19h00, chaque jour le même rituel. Porte qui claque. C’est mooooiiiiiii !
C’est le papa de Loupichat. Jeté de sacoche et vidage de poches sauf que ça m’énerve parce qu’on n’a pas de vide-poche.
Lui, ça l’énerve parce qu’on ne lève pas le nez de notre ordinateur pour venir l’accueillir. On ter-mi-nait UNE phrase !

Toujours la même question : « Alors, t’as écrit combien de pages ? »

Les jours où vous avez bien travaillé, ou êtes en tout cas satisfaite de votre petite production, vous donnez un chiffre, le sourire jusqu’aux oreilles : 1, 2, 3, 4, 5… Vous savez compter jusqu’à 20. Bon, ce qu’il ne sait pas, c’est que si ça se trouve, demain, vous les mettrez à la poubelle ces jolies pages…

Les jours où vous avez tourné en rond sur le même paragraphe, vous faites votre tête de clown renfrogné et grommelez un truc du genre : » Combien, combien… Sais pas moi, tu crois que ça se compte en nombre de caractères un bouquin ? Demande moi plutôt ce que j’ai écrit de bien ! ». Oui parfaitement un seul paragraphe, mais capital ! La clé de mon roman !

Et puis, il y a aussi les jours où vous n’avez rien écrit du tout ! Panne sèche ! Vous avez traînaillé sur le net, écouté de la musique, feuilleté quelques magazines, appelé quelques copines… Mais rien n’y a fait, la feuille est restée désespérément blanche, vous savez, comme si Monsieur Propre avait pris possession de votre corps.
Et ben ces jours là, vaut mieux apprendre à vous garer fissa ! Bon, le papa de Loupichat, il fait super bien les créneaux…
Mais ces jours-là, vous préféreriez presque retourner au bureau parce que quitte à ne rien faire, autant être payée pour ça ! Je plaiiiiisante !

Et aujourd’hui ? Débrayez et braquez à fond !

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Le grand philosophe Eric Cantona a dit: « Si tu choisis un rêve, fais en sorte qu’il soit grand »

cantona L’autre jour, mon Jules était avachi sur le canapé, zapette en main. Quant un cri strident retentit: « Louuuu-Louuuuuu, viens vite, Eric Cantona dit un truc pour toi ! » « Si tu choisis un rêve,  fais en sorte qu’il soit grand ».

Bon, le temps que j’arrive, moi j’ai juste entendu la vérité suivante: « quand les mouettes suivent le chalutier, c’est parce qu’elles pensent qu’on va leur jeter des sardines. »

Ben oui, c’est fait pour moi ça, enfin le truc sur les rêves pas sur les sardines… mais heu…, je ne sais pas trop comment je dois le prendre en fait ?

Je demande à Jules de préciser sa pensée… « Ben, on peut pas dire que t’aies choisi un objectif facile à atteindre… C’est pas le rêve de madame tout-le-monde quand même…C’est assez gonflé ! ».

Assez, trop ? Je me liquéfie. « OUUUUIIIIINNNNN, moi je croyais que t’avais confiance en moi, que t’y croyais à mon rêve ! Tu dis toujours quand-tu-toucheras-ton-premier-cachet on s’achètera notre petite maison en Toscane, j’arrêterai de bosser, tu vois la petite Porsche là ? c’est quand ton roman sera adapté au cinéma. »

Et puis j’ai compris. Mon Jules n’a pas de rêve. Enfin, à part gagner au loto sans jouer, avoir une augmentation en travaillant moins, et se la couler douce quand je serai riche et célèbre.
En fait, si je regarde autour de moi, je me dis que peu de gens ont de vrais rêves ! Et qu’on a fait de ma génération une drôle de génération pas très drôle.

A 35 ans, on parle plan d’épargne, prêt immobilier sur 40 ans, prévoyance pour payer les futures études des enfants même pas nés, peur de changer de job parce qu’on ne sait pas ce qu’on va trouver,  retraite complémentaire parce que faut-pas-rêver-on-aura-rien !

Cela dit, je les comprends. J’ai décalé mon horaire de petit déjeuner pour ne plus subir les infos du matin sur RTL que Jules écoute religieusement pour se mettre en condition avant d’aller bosser: Encore 250 licenciements,  la bourse de Paris a encore perdu 3 points, Il faut être réaliste, on n’a encore rien vu, le pire reste encore à venir , l’avenir est bouché, on a les mêmes conditions qu’en 1929 voire pires, des solutions anti-crise pour consommer malin: des magasins proposent des produits avariés à prix discount…

Alors j’ai compris mon indécence, ma grossièreté, mon impertinence, mon impolitesse, mon impudence, mon inconvenance, mon incorrection, mon obscénité…

Mais j’assume et je préfère essayer de construire mon petit château en Espagne même s’il doit s’écrouler plutôt que le dos courbé et le chignon décrépi, raconter à mes arrières petits enfants: « Tu saaaais ta mééémé, elle aurait pu devenir écrivain si elle avait eu un peu de courrraaage. ».

Et puis je m’en fous. Eric Cantona me comprend, lui ! Remarque, c’est peut-être  plus facile à dire et plus crédible quand tu as réussi …

Et au fait, c’est quoi votre rêve à vous ?

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