La boulette de Bernard-Henry Levy ou comment dans la vie, on vous attend au tournant…

Depuis hier, pas moyen de cliquer quelque part, d’ouvrir un journal, de tourner le bouton du poste radio ou de télévision sans tomber sur cette histoire de boulette de BHL. Non, je ne parle pas de substance illicite !
Pour ceux qui vivent sur une île déserte, sont actuellement privés de télé ou n’en auraient pas entendu parler, voici la petite histoire…

Pour faire court, dans son dernier livre, BHL s’en prend au philosophe Kant, s’appuyant (notamment) sur un ouvrage intitulé « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant ».
Jean-Baptiste Botul, l’auteur de ce livre, aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Vous n’avez pas tout compris ? Moi non plus. C’est pas grave…

Le souci, et ce qui crée ce buzz, c’est que ce Monsieur Botul n’existe pas vraiment.
Il s’agit d’une blagounette très sérieuse de Frédéric Pagès, agrégé de philo et journaliste au Canard Enchaîné.
La vie sexuelle d’Emmanuel Kant raconte l’histoire farfelue d’une communauté d’Allemands de Königsberg (devenu Kaliningrad) ayant fui au Paraguay pour constituer une colonie strictement régie par la philosophie kantienne. C’est sûr, ça aurait dû faire tilt chez le philosophe. Le titre de l’ouvrage peut-être aussi … (il faut savoir que Kant est réputé puceau).
En tout cas,  on ne le redira jamais assez, en toute circonstance, vérifiez vos sources !

N’empêche que !
BHL, moi, je le connais peu. Je n’ai jamais lu un de ses livres. Je n’ai rien contre (ni pour).
Le personnage m’intrigue un peu … C’est  le seul philosophe vivant que je connaisse et je me demande comment il a réussi à faire ça…
Mais je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le plaisir qu’ont les gens à vous attendre au tournant, à guetter le moindre de vos faux pas et d’en faire une affaire d’état.
Enfin, quand je dis vous, je parle surtout des personnes qui ont une certaine notoriété.

Quoique …
Dans le monde professionnel, il y a toujours quelqu’un pour se réjouir de cette présentation hyppppper importante que vous avez lamentablement plantée devant le comité de direction , de cette promotion que vous n’avez pas obtenue, toujours quelqu’un pour faire circuler la rumeur que Mr Le Tyran, le responsable RH, couche avec son assistante…
Dans la vie de tous les jours aussi, il y a toujours quelqu’un pour se moquer de vos rondeurs trop prononcées, de vos oreilles trop décollées, de vos chaussettes dépareillées…

Bref, je me demande pourquoi il y a tant d’Oranginas rouges !!!! Pourquoi les gens sont si méchants !

Pour en revenir à BHL, passé ce petit moment de solitude, ça lui offre un joli coup de pub…
Pour Monsieur Botul/Pagès, c’est assez flatteur qu’un philosophe ait pris sa thèse au sérieux…
Et pour moi, le comportement humain reste une source d’inspiration inépuisable !

Je lisais ce matin dans mon petit magasine Cosmo cette petite phrase : Ce sont les faiblesses des autres qui font notre force.

Alors, méditons…

2 réponses à “La boulette de Bernard-Henry Levy ou comment dans la vie, on vous attend au tournant…

  1. philbret

    Oui bof. Si BHL a aimé le bouquin, c’est probablement qu’il est bon. Or, ce n’est pas Kant qui n’existe pas mais l’auteur du bouquin. Ce n’est pas forcément une farce si ce qu’il raconte dans son livre est juste. Ou du moins plausible. BHL aurait t’il dû vérifier l’identité de l’auteur avant de lire un livre ou s’est t’il laissé emporté par le titre derrière lequel il a décelé un ouvrage remarquable?. Finalement, ce Pagès, pas plus connu que Botul d’ailleurs, n’a écrit qu’un bon livre en prenant un pseudo. Beaucoup d’auteurs écrivent encore aujourd’hui sous des pseudonymes.
    Du même coup, j’ai longtemps adoré les romans de Sulitzer sans jamais soupçonner qu’il n’en était pas l’auteur. Je n’ai plus lu de Sulitzer que lorsque le véritable auteur est décédé. Le texte devenait sans saveur puisque c’est Sulitzer qui s’était remis à écrire. Comme quoi, ce qui compte vraiment, c’est le contenu, pas la notoriété d’un auteur.
    BHL a été très sobre hier sur canal+. Il a simplement dit que le livre de Botul/Pagès était bien écrit.
    Je me souviens aussi que quand BHL dénonçait la guerre en Bosnie, personne n’y prêtait attention. Une guerre à notre porte? N’importe quoi ! Ca se saurait.
    Et pourtant…

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  2. lou

    Je crois que beaucoup de gens aiment bien lorsque les autres se plantent. Quelque part, ça rehausse l’estime qu’ils ont d’eux-même.
    Après il y a la jalousie, l’envie pour ces gens qui semblent avoir tout (le pouvoir ou l’argent ou la beauté) et qui soudain, en faisant un faux pas, deviennent plus humains, plus accessibles…
    Enfin, certains trouvent dans le malheur des autres une certaine forme de bonheur qui leur fait penser que leur vie n’est pas si mal que ça.
    Pas toujours par méchanceté, juste parce que ça les fait se sentir mieux.
    @ bientôt ^^
    Ps : le tome 2 avance-t-il ?
    Lou

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